La santé culturelle des tout-petits devient une grande cause nationale !

Etat des lieux, état de l’art et préconisations : le rapport de S. Marinopoulos (disponible ici, et à lire sans plus tarder pour tous ceux qui s’intéressent à la petite enfance) propose un tour d’horizon complet de ce que cela signifie d’être un tout-petit dans la société d’aujourd’hui. Et ce n’est pas si facile, d’être un petit d’homme éveillé ! Grande spécialiste des liens -sociaux, culturels, affectifs – qui doivent se tisser entre les enfants, leur famille et leur entourage afin d’assurer un éveil cognitif et sensoriel satisfaisant, S. Marinopolous pointe un premier grand danger : l’ultra-rapidité de nos sociétés, à laquelle nous sommes tous soumis, adultes et enfants. Le tout-petit a besoin de temps pour se développer harmonieusement, et nos rythmes de vie modernes, notamment en ville, ne laissent pas suffisamment de temps aux parents, lorsqu’ils se laissent happer, pour assurer une bonne santé culturelle à leurs enfants. De quoi s’agit-il ? Pour S. Marinopoulos, qui rencontre au quotidien des enfants dans ses lieux d’accueil « Les Pâtes  au Beurre », il arrive que « nos enfants bien nourris, présentent des signes de malnutrition culturelle : appauvrissement du langage, faible sécurité interne, perte d’estime de soi, baisse de la résistance à la frustration, excitabilité relationnelle, manque d’ex­périences sécurisantes… Un mal-être auquel nos condi­tions de vie ne sont pas étrangères. »

Malnutrition culturelle et écrans : un cocktail détonnant

Nous sommes bien conscients de nombre de ces problèmes, et tout n’est pas si sombre, bien sûr. Et il ne s’agit pas de culpabiliser les parents ! Les causes de la malnutrition culturelle sont de plusieurs ordres :  familles monoparentales, travail des femmes, temps de trajet, porosité des temps de vie personnelle et professionnelle, et bien sûr omniprésence des portables et des écrans, véritables aspirateurs d’attention parentale… et surtout pas auxiliaires de vie des tout-petits, bien au contraire.

En effet, les écrans -de télé, d’ordinateurs, de portables, de tablettes, etc- nuisent au développement de l’enfant, et sont à éviter par tous les moyens pour les 0-3 ans : le consensus scientifique est clair à ce sujet, quelle que soit la discipline. « Sachant cela, nous savons aussi que les enfants ne vivent pas dans des grottes, explique Anne-Claude Rovera, directrice pédagogique du groupe Grandir / Les Petits Chaperons Rouges. Alors, nous proposons des ateliers parentalité en entreprise, où nos intervenants prennent le temps d’exposer les faits ( et méfaits) des écrans, et, au quotidien, dans les crèches, nous jouons un rôle de sensibilisation, et de pédagogie des parents ! Tout d’abord, c’est mauvais pour les yeux : la lumière bleue peut causer des myopies, et on assiste aujourd’hui à une véritable « épidémie » chez les adultes (mais certains écrans n’en diffusent pas, tels les rétro et vidéo projecteurs). Ensuite, les tout-petits n’ont pas de pensée symbolique, et doivent découvrir le monde et les objets en manipulant, en portant à la bouche, en soupesant : l’expérience sensorielle prime, et cela vaut aussi pour le dessin. Et enfin, et le plus important : le temps d’écran ne peut pas se substituer à tout le reste, et rien ne remplace l’attention, la parole et les temps partagés, le plus souvent possible ! Ce qui veut aussi dire que regarder un dessin animé avec son enfant, et partager les mêmes émotions en même temps que lui, c’est un moment ensemble. Et le cinéma, dans un temps et un espace dédiés, constitue également une activité d’éveil, au sens propre ».

L’éveil, voilà la clé, et il ne faut pas se tromper : il s’agit d’amener les arts et la culture à hauteur d’enfant, et non pas de « remplir » les enfants, comme on les nourrirait d’aliments trop riches et indigestes. Cela demande donc, à l’image de la nutrition infantile, des produits adaptés, du temps, de la patience, et de susciter de l’appétit ! L’éveil est donc la création d’un état et d’un temps propice à la découverte, et n’est donc pas de l’éducation au sens strict du terme : et d’ailleurs, la santé culturelle couvre un champ plus vaste que la culture au sens strict également. En faisant découvrir les instruments de musique aux enfants, l’enjeu n’est pas de les transformer en virtuoses, à coup d’exercices et d’heures de travail !

L’Eveil des enfants, la part la plus gratifiante de nos métiers 

Chez Les Petits Chaperons Rouges, les enfants n’ont donc pas accès aux écrans, et une large place est donnée aux temps d’Eveil Culturel et Artistique, pensés, préparés et effectués avec des intervenants ou des lieux artistiques du territoire avoisinant. « Chaque crèche dispose d’un budget, et nos professionnelles sont formées sur ces sujets : une dimension passionnante, qui permet à chacune de questionner et d’évoluer dans son métier et ses compétences, expose Anne-Claude Rovera. Ensuite, au-delà des ateliers classiques que les crèches peuvent animer, des interventions sont coordonnées avec les responsables de territoires afin de penser nos activités d’éveil artistique et culturel à l’échelle du territoire, un échelon cohérent pour tous les acteurs. Les intervenants, artistes, plasticiens, musiciens, danseurs adaptent leurs ateliers aux enfants, qui sont un public très exigeant (avec une capacité d’attention de 10 minutes) ! Au plan de la pédagogie, nous privilégions toujours le processus de création et d’implication des enfants au résultat ou à l’œuvre créée, et nous essayons toujours d’impliquer les familles -cela ressort du projet social de chaque crèche dans son territoire. Enfin, nous créons des partenariats avec des institutions artistiques et culturelles locales, et cela fonctionne.  A Aix, par exemple, nous avons pu faire visiter le Pavillon Noir d’Angelin Prejlocaj à nos familles, et nous avons organisé un vernissage de dessins de nos enfants dans les murs de la Fondation Vasarely ! » Et les initiatives, créées et lancées dans les territoires, se multiplient, et viennent contribuer à l’éveil de nos Petits Chaperons Rouges : la partie la plus intéressante, et la plus stratégique, de nos métiers !

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