Le bilinguisme est une richesse

Couples mixtes, déplacements ou déménagements, de plus en plus d'enfants sont appelés à grandir et vivre avec plusieurs langues. Les accompagner dans cette aventure est un véritable défi, qui au-delà des mots, parle de culture, de transmission et de relation.

Plusieurs sortes de bilinguisme

Le bilinguisme est appelé précoce lorsque deux langues ont été très présentes dans la petite enfance (0 à 3 ans). D’après le chercheur canadien Wallace Lambert, expert dans ce domaine, le bilinguisme précoce est dit additif quand les deux parents parlent une langue différente à l’enfant depuis sa naissance. Il est dit successif, quand l’enfant qui a acquis partiellement une langue se trouve ensuite immergé dans une langue nouvelle. Le bilinguisme tardif concerne les enfants exposés à une nouvelle langue au-delà de 7 ans, une fois que la langue maternelle est déjà parfaitement maîtrisée.

Lumière sur le cerveau

On a cru un certain temps que l’apprentissage d’une langue pouvait gêner celui d’une autre et ralentissait le développement du langage. Aujourd’hui, grâce aux neurosciences, on a découvert que le cerveau possède une plasticité lui permettant de s’adapter aux apprentissages simultanés. Plongé dans une dynamique constante de choix (quelle langue dois-je comprendre ou parler ?), le cerveau de l’enfant s’habitue à laisser de côté des informations pour en valoriser d’autres… et devient ainsi très performant. Pour autant,  les enfants bilingues ne risquent pas plus la surcharge cognitive ! Au contraire, une activité cérébrale intense durant la petite enfance est une chance.  Il a été démontré qu’un enfant, dans un contexte de bilinguisme, développe des capacités d’adaptation précoces et devient plus réactif aux différents stimuli. De même, cet enfant est capable de fixer son attention plus longtemps, tout en tenant à l’écart les éléments qui pourraient le déconcentrer. Un enfant bilingue fait travailler davantage son lobe frontal (zone des processus cognitifs complexes) et montre des facilités dans la maîtrise de données, les tâches de planification, la résolution de problèmes… Des études font également le lien entre bilinguisme et créativité. L’imaginaire serait plus développé, ainsi que les facultés d’abstraction.

Si les avantages sont nombreux, parents et enfants peuvent parfois rencontrer des difficultés. Marier deux langues n’est pas toujours simple au quotidien.

Des idées pour aider…

- Il faut veiller à l’équilibre des deux langues. Si l’une est moins parlée à la maison, on peut compléter l’apprentissage de l’autre par des livres, des comptines, des émissions de télé…

- S’interroger sur le prestige de la langue. Si l’une est sous-estimée, dénigrée ou réservée aux moments de conflits, elle sera vite évincée par l’enfant.

- Chaque langue doit être « vivante » donc rattachée à son contexte culturel (voyages, vacances chez les grands-parents, cuisine de la région d’origine…).

- Ne pas s’inquiéter, au début, si le petit enfant mélange les deux langues. Tout comme un autre enfant utiliserait « truc » quand il ne connaît pas un mot, le petit bilingue fait appel à l’autre langue pour s’exprimer. Petit à petit les deux langues vont bien se différencier. Il est inutile de reprendre ou d’entraîner son enfant, parler plusieurs langues doit être avant tout un plaisir et non un challenge !

- Certains parents pensent qu’il faut parler à l’enfant la langue dont il aura le plus besoin, même si eux-mêmes ne la maîtrisent pas bien. Or, l’enfant qui ressent ce malaise ne rentrera pas bien dans les apprentissages. De plus cela appauvrit les relations, car dans une langue mal connue, il est difficile d’argumenter, de se livrer, de parler de sentiments complexes. Mieux vaut parler avec l’enfant la langue que l’on aime, empreinte de sens et d’affectivité.

- Pour perdurer dans le temps, le choix du bilinguisme doit être assumé par les deux parents, au risque de paraître parfois un peu différent ou original aux yeux de certains.

Pour aller plus loin : L’enfant bilingue de Ranka Bijeljac-Babic (psycholinguiste) aux Éditions Odile Jacob (2017)

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