Les Neurosciences, le cerveau et les émotions des tout-petits

Lors de notre dernier séminaire d’entreprise, nous avons eu le grand plaisir d’accueillir le Dr Catherine Gueguen[1] pédiatre, spécialisée dans les neurosciences affectives devenue une référence dans le monde de l’éducation et de la petite enfance. 

Désormais, la science a prouvé nos intuitions ! Une relation chaleureuse, empathique, soutenante, aimante est fondamentale pour un développement harmonieux des enfants. Un adulte qui rassure, sécurise , console, soutient l’enfant, l’aide aussi à développer son cerveau, renforcer sa sociabilité naturelle et agit ainsi sur ses facultés intellectuelles et affectives.

En effet, le comportement positif de l’adulte a un lien direct sur le développement des connexions cérébrales, l’augmentation de la substance grise et modifie même l’expression du gène qui renforce la résistance au stress, sans oublier la production des hormones du bien-être ( Ocytocine- Dopamine)….

Une journée de réflexion passionnante pour l’ensemble des directeurs et référents techniques des crèches Les petits Chaperons Rouges, réunis autour de cette question Que nous apprennent les neurosciences ?

Houria ACKERMANN, Directrice de Crèche à Aubervilliers vous en propose une synthèse :

D’après Catherine Gueguen, le cerveau du tout-petit est très malléable. Toutes les relations que nous avons avec les enfants sont donc importantes et ce dès la grossesse. Les études sur le cerveau démontrent ainsi que si nous sommes chaleureux, empathiques et soutenant avec l’enfant, son cerveau se développera au maximum.

Les 3 cerveaux

Les dernières découvertes des neurosciences affectives et sociales viennent compléter ce que l’on connaissait déjà sur le cerveau reptilien, limbique et supérieur (cortex orbito-frontal ou COF).

- Le cerveau reptilien ou archaïque, c’est notre passé commun avec les poissons par exemple. Il contrôle les comportements primaires, instinctifs (défense, colère). Ainsi dès que l’enfant se sentira en insécurité, et à cause de son immaturité cognitive il deviendra très vulnérable et envahi par de véritables « tempêtes émotionnelles »

- Le cerveau limbique ou émotionnel est commun à tous les mammifères. Il prédomine aussi chez les tout-petits et ce jusqu’à six ou sept ans. C’est une période où l’adulte doit être à l’écoute des émotions de l’enfant. Car ce n’est qu’avec la maturation du néocortex et des circuits neuronaux le reliant au cerveau émotionnel, que l’enfant parviendra à réguler et contrôler ses émotions.

- Le cerveau supérieur ou cortex (raisonnement, stratégie, créativité) se développe quant ‘à lui jusqu’à trente ans voir plus !

L’attachement

Si l’enfant a les mêmes besoins fondamentaux que l’adulte, ses besoins ont de grandes particularités.

Dès le début de sa vie, l’enfant manifeste des besoins physiologiques de nourriture et de protection. Mais cela ne suffit pas, il a également un besoin vital de liens sociaux. S’il n’a pas un adulte qui lui parle et s’intéresse à lui, son cerveau ne se développera pas.

C’est au Xxe siècle, que John Bowlby, psychiatre anglais, a exposé sa théorie dite de  l’attachement. Ce lien d’affection entre deux personnes est en fait un besoin vital. L’enfant doit pouvoir créer un lien solide et durable avec la personne qui prend soin de lui. Une personne qui pourra en cas de détresse le réconforter, le protéger, le rassurer… Ce socle d’attachement va sécuriser l’enfant qui va alors acquérir la certitude de pas être abandonné. Cette sécurité affective contribuera ainsi au développement harmonieux de l’enfant. 

Cet enfant sécurisé sera autonome et social, prêt pour explorer le monde et apprendre. Si en revanche l’adulte est fuyant, et ne répond pas à ses besoins l’enfant va développer un comportement dit « insécurisé », anxieux ou évitant.

Les impacts des récentes découvertes 

Les neurosciences affectives et sociales confirment que cet attachement est primordial mais vont plus loin…. Le cerveau de l’enfant a besoin certes d’un adulte empathique, chaleureux, aimant, soutenant et encourageant, mais aussi d’être compris dans son immaturité et dans son incapacité à faire face à toutes ses émotions. Ce qui semblait être un « caprice » (pleurs, crise ..) est dû en fait l’immaturité de son cerveau, qui ne sait pas gérer l’émotion (positive ou négative) qui l’envahit.

C’est l’adulte en apaisant l’enfant sans humiliation ni punition qui va faire maturer son cerveau et permettre petit à petit la connexion entre le cerveau émotionnel et le cortex orbito frontal, qui  permet le contrôle de soi et la prise de recul.

Ainsi un adulte qui transmet des valeurs, un cadre, et qui fait confiance à l’enfant, qui sait dire non à des comportements inadéquats, mais qui le fait en comprenant l’enfant et en étant à l’écoute de ses émotions, soutien aussi son développement cérébral.

Par ailleurs, c’est également en laissant les enfants exprimer leur vitalité ludique, leur curiosité, en les encourageant, en leur faisant confiance qu’ils seront sécurisés, vont acquérir l’estime de soi et se tourneront plus facilement vers les autres et de monde qui les entoure. C’est donc ce mode de relation adéquat qui permet aussi au cerveau de se développer favorablement.

En conclusion,  un enfant mieux armé pour faire face à ses émotions et à ses impulsions, développera moins de comportement agressif ou antisociaux et plus de faculté de mémoire et d’apprentissage. Il n’y a donc qu’un pas entre les compétences socio émotionnelles et la réussite scolaire !

Pour aller plus loin :  A lire du Dr Catherine Gueguen

Heureux d’apprendre à l’école  -  Comment les neurosciences peuvent changer l’éducation- Edition Les arènes – Robert Laffont

Pour un enfance heureuse – Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau – Editions Robert Laffont

 

[1] Catherine Gueguen est pédiatre, auteure, spécialiste des neurosciences affectives et dans le soutien à la parentalité. Elle est formée en haptonomie et en communication non violente, elle donne des conférences et anime des groupes de travail pour les médecins, psychologues, ou éducateurs sur l’accompagnement des parents. 

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